De retour ....

De retour ....
Je suis de retour après six mois d'absence. Je sais que je vous ai un peu trop manqué. vous m'avez manqué aussi.

Salut
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# Posted on Sunday, 15 June 2008 at 5:45 AM

Meilleurs voeux à Tous !

Meilleurs voeux à Tous !
L'histoire nous raconte que, sur son lit de mort, le roi des Scythes réunit ses fils, et leur tendant un faisceau de nombreuses branches, leur demanda de le rompre.

Malgré leur jeunesse, malgré leur vigueur, malgré leur acharnement, nul de ses fils n'y parvint. Le vieux père défit alors le faisceau, et en brisa une à une les branches avec une facilité déconcertante.

Il dit alors à ses fils intrigués: "Tant que vous serez unis, nul ne pourra vous vaincre. Mais le jour où vous ne serez plus solidaires sera le commencement de votre chute."

Ce conseil vaut, je crois, pour toute entreprise. Mais il vaut aussi et encore plus pour chaque être.

Car c'est connu l'homme est légion.

Nous avons en nous une multitude de personnalités. Et la plupart du temps elles sont contradictoires.

Une partie de nous sait qu'il est mauvais de fumer, qu'un jour nous en contracterons peut-être le cancer (de la bouche, du pharynx, des poumons), et pourtant une autre partie de nous-même ne peut résister à la tentation d'allumer une nouvelle cigarette, même si fumer ne nous apporte pas vraiment de satisfaction...

De même nous souhaitons être mince, par coquetterie, ou par un souci tout légitime de conserver notre santé, et pourtant nous faisons des excès qui compromettent notre idéal.., et notre tour de taille!

De manière plus subtile, nous désirons ouvertement le succès, mais lorsqu'une occasion en or se présente enfin, nous faisons tout en notre pouvoir pour la saboter, comme si nous ne nous
croyions pas digne de réussir, comme si le succès n'était que pour les autres...

Il faut donc tenter d'être solidaire... avec soi-même!

D'éliminer la partie obscure de nous, la haine, la peur, l'ennui, et faire triompher la lumière qui nous habite, l'amour, la joie dont nous sommes faits: la Vie en somme.

Avoir un idéal, et le garder en tête, malgré les contrariétés, malgré les déceptions, malgré les retards...

Avoir un but et le poursuivre avec volonté, avec patience, avec foi et discipline.

Comme il a été dit des centaines de fois avant moi - ce qui n'enlève rien à la sagesse de cette vérité: "Qui sème une action récolte une habitude. Qui sème une habitude récolte un caractère.
Qui sème un caractère récolte un destin".

"Caractère égale destinée", a dit Héraclite.

Et me rappeler que le bonheur lui aussi est une habitude.

Parce qu'il est un état d'esprit.

Pour être heureux, je dois être solidaire avec moi-même.


Meilleurs voeux à vous tous !

Charles Nasibu
20 décembre 2007

# Posted on Friday, 21 December 2007 at 6:10 AM

La circulation illicite des armes légères et de petit calibre dans la région de l'Afrique Centrale

La circulation illicite des armes légères et de petit calibre dans la région de l’Afrique Centrale
CONFERENCE SUR LES PROBLEMES DE SECURITE TRANSFRONTALIERE DANS LA REGION DE L'AFRIQUE CENTRALE, Yaounde, 4 – 6 septembre 2007

♣ ♣ ♣ ♣

La circulation illicite des armes légères et de petit calibre dans la région de l'Afrique Centrale

Par Charles Nasibu

I. Introduction

La prolifération et le trafic illicite des armes légères dans la région de l'Afrique Centrale sont parmi les principales conséquences des guerres et climat d'insecurite qui désolent pendant plus d'une décennie plusieurs des pays de cette région La présence des mouvements et groupes armés dans plusieurs parties de cette région fait d'elle l'une des principales plaques tournantes du trafic illicite et de la prolifération des armes légeres en Afrique, avec des conséquences incalculables sur tous les plans.

Les accords politiques de paix signés de part et d'autre et autres engagements politiques regionaux et bilateraux, tout cela n'a pas suffi à mettre fin aux trafics d'armes légères et de munitions qui se poursuivent encore dans plusieurs parties de cette région.

Au cours de cet expose, nous allons essayer de parler tres succinctement de l'etat des lieux de la detention et de la circulation illicites des armes legeres dans cette region de l 'Afrique Centrale en nous focalisant principalement sur la situation en RDC, au Burundi et en RCA. Nous Aborderons egalement l'impact et les perceptions de la proliferation des armes avant de faire un bref survol sur les consequences de la proliferation et les capacites institutionnelles des Etats a gerer le probleme et, enfin, nous proposerons quelques recommandations.

II. Cartographie de la circulation illicite des ALPC dans la region de l'Afrique centrale : Cas de la RDC, Burundi et RCA

La problematique de la circulation illicite des ALPC touche de diverses maniere toute la region de l'Afrique centrale. Si nous avons juge utile de nous focaliser sur le cas de ces trois pays, c'est d'abord parce que leurs situations presentent plusieurs similitude (guerres civiles avec implication etrangere, presence des milices et groupes armes, RSS, ....) et aussi parce qu'etant donne le temps qui nous est imparti il est impossible de passer en revue tous les cas.

II.1. Le cas de la Republique Democratique du Congo

La RDC connait un cycle de violence armee recurrente depuis pratiquement son independance caracterisee par les mutineries, rebellions, insurrections et agression etrangere.

• 1993 – 1994
- Arrivee des refugies (civils et miliciens) Burundais a l'Est de la RDC
- Arrivee des refugies (civils, militaires et miliciens) Rwandais

• 1996 – 1998
- Premiere rebelion de l'AFDL
- Intervention des armees etrangeres (8 en tout)
- Formation des milices
- Rebellion du RCD
- Rebellion du MLC

• 1999 – 2001
- Renforcement des mouvements rebelles
- Proliferation et armement des milices par les parties au conflit (gouvernement et rebellions)

II.2. Le cas du Burundi

Le Burundi vit connaiti un cycle de violence, souvent a caractere ethnique, depuis son independance, mais la circulation illicite des armes legeres s'est revelee plus preoccupante depuis le debut de la guerre civile

• 1988 – 1991
- Soulevements sporadiques du mouvement Palipe-Hutu et repressions de l'armee reguliere
• 1993 – 1994
- Coup d'Etat militaire
- Debut de la rebellion armee (elle durera dix ans)
- Creation et armemnts des milices

• 1997 – 2001
- Renforcement et armement des milices
- Connection entre les mouvements rebelles burundais et autres groupes armes de la region

II.3. Le cas de la Republique Centrafricaine

Le cas de la Centrafrique differe un peu de deux autres cas cites precedemment. La Centrafrique n'a pas connu comme tel un cycle d'approvisionnement illicite d'armes. Plusieurs travaux de recherche menes sur ce pays demontrent que la plupart des armes en circulation illicite dans ce pays actuellement le sont devenues de suite de l'instabilite politique qui y a prevalu depuis 1996.

Il convient toutefois de signaler que des mouvements des troupes etrangeres vers la RCA a grandement contribue a la proliferation d'armes sur le territoire centrafricain, c'est notamment :
- L'arrivee des militaires ex-FAR et miliciens Interahamwe, d'abord en 1994-95, puis en 1997 fuyant les troupes de l'AFDL
- L'arrivee des militaires des FAZ, en debandade apres la chute de Mubutu en 1997
- L'intervention des troupes du MLC de l'ex-rebelle Congolais Jean-Pierre Bemba, venus a la rescousse du President Ange-Felix Patasse



III. Sources et voies d'approvisionnement en armes

III.1. Cas de la RDC

Il est extremement difficile de repondre a la question « qui a appprovisionne qui et quand ? », vu la complexite de la situation en RDC et la multiplicite des facettes que presente la situation des armes legeres et en circulation illicite dans ce pays.

Il est tout de meme possible d'identifier trois principaux types de sources d'armes illicites : approvisionnements internationaux, regionaux et locaux.

- Approvisionnements internationaux :
Depuis le debut de la guerre en 1996, la RDC s'est transformee en un vaste marche ou compagnies multintionales, traficants prives, commissionaires et courtiers ont deverse des tonnes d'armes legeres et des munitions en direction des parties en conflit

Des avions decolaient de Bratislava, de Sophia, de Kiev et de plusieurs autres capitales de l'Europe de l'Est et de certains Etats de l'ex Union sovietique et atterissaient a Goma, Kisangani (zone alors sous controle du RCD), Gbadolite (en zone sous controle du MLC) et sur plusieurs autres pistes d'atterissage dans des zones sous controle rebelle.

- Approvisionnements regionaux :
◊ Le MLC et plusieurs factions armees du district de l'Ituri ont beneficie du soutien militaire de l'armee ougandaise entre 1998 et 2002

◊ Le RCD et certaines formations Mai Mai ont beneficie d'un appui logistique militaire des gouvernements rwandais et, dans une certaine mesure, burundais entre 1998 et 2002

◊ Dans une certaine mesure et a travers le gouvernement de Kinshasa, le gouvernement zimbabween a fourni armes et munitions aux factions Mai Mai de l'Est de la RDC entre 1999 et 2001.

◊ Le gouvernement rwandais est supconne de soutenir militairement le CNDP, mouvement insurrectionnel dirige par le general dissidant Laurent Nkundabatware, depuis 2004, date a laquelle cet officier superieur de l'armee congolaise est entre en dissidence contre le gouvernement congolais.

Pour ce type d'approvisionnements, les aeroports et pistes d'atterissage de fortune ont aussi ete utilises, mais c'est plus la voie terrestre qui a ete la plus exploitee.

- Approvionnements locaux :

Ce type d'aprovisionnement, bien qu'apparemment insignifiable, a ete d'une grande importance en terme de quantites d'armes et munitions qu'il a fait entre en RDC et la complexite de sources d'approvisionnement.

En effet, les pourvoyeurs d'armes se retrouvaient dans toutes les categories : des armees regulieres etrangeres impliquees au conflit congolais aux simples agriculteurs et chasseurs en passant par des mouvements armes et des traficants divers.

La voie la plus souvent utilisee pour approvisionner ou s'approvisisonner a ete la voie terrestre, que permet la grande porosite des frontieres congolaise et, souvent, l'absence de l'autorite de l'Etat dans plusieurs endroits du pays.

III.2. Les Cas du Burundi

Avant les annees 1970, il n'existait pas de probleme particulier de proliferation des armes legeres au Burundi. La population civile burundaise a commence a s'armer lors de la crise de 1972, au cours de laquelle la rebellion hutu et la repression qui s'en est suivi ont cause des dizaines de milliers de mots et ont pousse plus de 300.000 personnes a quitter le pays, principalement pour (ICG, 2003, p i) la Tanzanie.

Une seconde vague d'armement a eu lieu a partir de 1993-1994. Selon un rapport de Smal Arms Survey, il y a eu d'importants achats d'armes entre 1996 et 1997.

Les principaux pourvoyeurs d'armes au Burundi sont les differents mouvements rebelles et, dans une certaine mesure le gouvernement. Au debut de la rebellion du CNDD-FDD, ce dernier avait recu d'importantes quantites d'armes et munitions de la par des FAZ et des ex-FAR qu'il a ensuite distribuees dans la population. Entre 1996 et 1997, le gouvernement et l'armee avait distribue des armes aux jeunes miliciens et a la population pour, disait-on alors, l'autodefense. Le gouvernement n'a jamais su recuperer toutes ces armes.

Une grande partie des armes en circulation illicite actuellement au Burundi est venue principalement de la RDC voisine et, surtout, de la Tanzanie qui a longtemps servi de base-arriere aux differents groupes rebelles burundais.

III.3. Le cas de la Centrafrique.

Comme nous l'avons deja dit plus haut, les armes en circulation illicite en Centrafrique sont pour la plupart des armes ayant ete legalements acquises mais qui se sont ensuite retrouvees en detention illicite entre les mains des groupes non etatiques ou des civiles.

Le President Ange-Felix Patasse avait distribue, a partir de 1996, armes et munitions a plusieurs groupes non gouvernementaux qui lui etaient loyaux, c'est notamment sa formation politique le Mouvement de Liberation du Peuple Centrafricain, les milices Karakos, Balawas, Saravis, le groupe d'Abdulaye Miskine et autres groupes tribaux.

Une etude du Small Arms Survey affirme toutefois que des armes sont entrees en RCA depuis la RDC entre 1996 – 1997 et en 2001 lors de l'intervention des troupes de Jean-Pierre Bemba.

IV. L'impact et la perception de la proliferation des armes legeres

Dans ces trois pays, l'impact de la circulation illicite des armes legeres se ressent sur le plan humain, economique et politique, presque de la meme facon.

1. Sur le plan humain

Les estimations les plus concordantes affirment que la violence armee, qui a dure pplus 6 ans en RDC, a coute la vie, directement ou indirectement, a pres de 4 millions de personnes. Elle en a pauperise et clochardise plus de 45 millions d'autres. Un recent rapport d'Amnesty International affirme que pres d'un millier de gens meurent chaque jour en RDC de suite des causes directes ou indirectes des armes legeres.

Au Burundi, en plus de couter la vie a des milliers de personnes, les armes legeres ont un impact particulierement dramatique sur la sante des citoyens.

Signalons egalement la banalisation du conflit et le developpement d'une culture armee comme etant une consequence directe de la proliferation et de la circulation illicite des armes legeres et de petit calibre.

Ajoutons a cela d'autres consequences directes a cette problematique, tels que le viol des femmes, l'utilusation des enfants comme combattants, la multiplication des refugies et la propagation des maladies et autres infections du faite de la proximite dans des camps des deplaces et des deplaces.

2. Sur le plan economique

- La principale consequence economique de la proliferation et du commerce illicite des armes legeres c'est l'exploitation illegale et les pillages des ressources nationales, ce qui entraine la fragilisation de leconomie nationale et la pauperisation de la population.
- Signalons aussi la destruction mechante des infrastructures (Burundi) et le degats qu'entraine le braconnage (RCA)

3. Sur le plan politique

Sur le plan politique, la presence et la proliferation des bandes armees en Afrique centrale dont les zones d'action sont souvent transfrontalieres renforce la mefiance et suspicions entre des Etats d'une meme region. Cet etat des faits compromet souvent la mise en application des instruments juridique regionaux de regulation de la circulation des armes legeres.


V. Recommandations

- Mise en œuvre d'instruments juridiquement contraignants de contrôle d'armes et engagement politique pour leur mise en application
- Développer au niveau de la CEEAC des instruments déjà existant (Conventions, Declarations, Protocoles de Bamako, Nairobi, CEDEAO, SADC)
- Renforcer les capacités des organismes sous-régionaux pour leur permettre a bien identifier les problèmes et las besoins spécifiques a chaque pays membre de l'espace CEEAC. Les Etats devront chaque fois se faire representer par des personnes ayant une bonne maitrise de la thematique
- Les Etats devront developper des strategies fortes de mobilisation des fonds qui leur permettrait de gerer, a travers une approche integree et regional, les problemes d'insecurite qui se posent chez eux, et ne pas se plaindre sans cesse de manque des fonds.
- Accorder a la société civile un rôle central dans la lutte contre le problème des armes légères et de l'insécurité transfrontalière en Afrique centrale.












References bibliographiques:

- Charles B. Nasibu , Qui armes les Mai Mai: enquete sur une situation originale, GRIP, 2004
- R. Kasereka Mwanawavene, N. Bauma Bahete et C. Nasibu Bilali, sous la coordin. de G. Berghezan, Trafics d'armes : Enquête de terrain au Kivu (RDC) , Avr. 2004
- Charles B. Nasibu ,La persistance du trafic d'armes de Tanzanie vers la RDC et le Burundi, GRIP,2005
- Erci G. Berman, La Republique Centrafricaine : Une etude de cas sur les armes legeres et les conflits, Small Arms Survey, Geneve 2006
- S. Pezard et N. Florquin, Les Armes Legeres au Burundi : Apres la paix, le defi du desarmement civil, SAS, Geneve 2007
- Rackley Edward B., Burundi : Armes legeres et violence armee, quel impact sur les femmes ? Bruxelles, GRIP et PNUD

# Posted on Tuesday, 11 September 2007 at 11:05 PM

Edited on Wednesday, 12 September 2007 at 1:02 AM

Massacre de Gatumba : Trois ans d'impunité et d'inacapacité internationale

Massacre de Gatumba : Trois ans d’impunité et d’inacapacité internationale
Massacre de Gatumba : Trois ans d'impunité et d'inacapacité internationale

Le 14 août 2004 est une date qui me hantera toujours. J'étais habitué à commencer mes journées par écouter le bulletin d'information à la radio - qui d'ailleurs rapportait rarement des bonnes nouvelles sur le Burundi où j'ai momentanément travaillé à l'époque-mais je ne m'attendais pas à entendre des si terribles nouvelles que ce qui s'était produit durant la nuit.

156 réfugiés Congolais, en majorité des femmes et des enfants, y compris un bébé de 3 mois, avaient été froidement abattus et brûlés alors qu'ils dormaient dans un camp pour réfugiés tenu par l'ONU à Gatumba, à seulement 4 km de la frontière avec la RDC. En tant que journaliste et chercheur basé non loin de là, je me suis fait le devoir d'aller voir cette horreur et entendre moi-même les témoignages des survivants.

Je doute que beaucoup d'éditeurs voudraient publier les photos de la scène macabre dont j'ai été le témoin en cette sinistre matinée. Des hommes, des femmes, des enfants, leurs corps carbonisés criblés des balles étaient éparpillés sur le sol. L'un des cadavres était le pasteur Jacques Rutekereza, un collègue et militant, membre comme moi du Réseau International d'Action sur les Armes Légères. Un homme à la stature imposante et toujours sûr de lui, il avait été tué avec six de ses enfants : Mushambaro (18 ans), Igiraneza (16 ans), Nyamasoso (12 ans), Ndatabaye (9 ans), Nyanzahabu (6 ans) et Nyamuryango (4 ans). Deux autres enfants d'à peine 4 ans, les jumelles Aimée et Déborah Gatoba, étaient couchées par terre, mortes. Quatre-vingt-six enfants au total ont perdu leurs vies en cette nuit fatidique. Quarante familles avaient été éliminées ou déchirées à jamais.


Qui était responsable de cette atrocité ? Les réfugiés étaient Congolais et appartenaient à l'ethnie Banyamulenge, un des peuples nilotiques établis dans l'Est de la République Démocratique du Congo et ayant une longue ligne des conflits historiques avec les tribus bantoues. Les Banyamulenge avaient fui du Congo vers le Burundi en juin 2004, craignant d'éventuelles répressions après l'attaque lancée contre la ville de Bukavu un mois plus tôt par des officiers tutsi (nilotiques) dissidents de l'armée congolaise. Les Banyamulenge passent également aux yeux des autres tribus bantoues voisines pour la chéville ouvrière de la rébellion ayant chassé du pouvoir le dictateur Mobutu en 1996-1997, et celle menée contre le régime de son successeur-et autre dicateur- Laurent-Désiré Kabila en 1998, avec le soutien du Rwanda. Que cela explique ce massacre, on ne le saura probablement jamais. Une enquête ultérieur de l'ONU a été incapable d' « identifier de manière concluante qui avait plannifié, financé, ou exécuté les tuéries ».

Le mouvement rebelle burundais du Front National de Libération, par la voie de son numéro 2 et porte-parole, Méthuselah Nikobamye alias Pasteur Habimana, avait revendiqué l'hécatombe. Mais plusieurs témoignages recueillis auprès des survivants et autres enquêtes privées prouvent bien la participation, de la conception à l'exécution du massacre, des forces armées de la République Démocratique du Congo et des miliciens Maï Maï à la solde de Kinshasa.

Mais le blâme ne peut pas être lancé seulement contre ces factions belligérantes. L'analyse des douilles des balles retrouvées sur le lieu du drame à Gatumba avait montré que les balles n'étaientt pas fabriquées en RDC ou au Burundi, mais dans des pays lointains comme la Bulgarie, la Chine et l'ancienne Yougoslavie. Cela était probablement vrai aussi pour les fusils qui ont tiré ces balles. Comment ces armes se sont-elles retrouvées entre les mains d'un groupe non étatique préparé à infliger une telle cruauté barbare sur un groupe des familles des réfugiés ? La province congolaise du Sud-Kivu était sous un strict embargo onusien sur les armes, pourquoi alors cet enbargo n'était pas surveillé et observé ? Parce qu'il n'existe aucun registre international sur la vente des armes, aucun système international de régulation, on ne sait pas !

L'absence de telles informations rend difficile toute enquête et toute poursuite judiciaire dans ce crime outrageux. En l'absence d'un système mondial de régulation, il est impossible de contrôler le mouvement international des armes qui ont rendu possible cette tragédie et continue d'alimenter la violence criminelle et politique en Afrique Centrale.

Il y a aujourd'hui un brin d'espoir en vue. L'ONU a entamé la première étape vers une solution en amorçant un processus pour développer un Traité international sur le Commerce des Armes. Plus de 90 gouvernements ont envoyé leurs vues sur ce traité au Secrétaire Général de l'ONU, ce qui est une démonstration sans précédent d'intérêt dans un instrument de contrôle des armes. Certains gouvernements sont opposés à l'idée, mais la grande majorité est clairement en faveur d'un traité fort.

Un Traité sur le Commerce des Armes doit prohiber les ventes internationaux d'armes si ces dernières sont susceptibles d'être utilisées pour commettre des sérieuses violations des droits humains, des sérieuses violations du droit humanitaire international ou saper le développement durable. Il doit être un traité juridiquement contraignant, et non un accord volontaire. Il dot être d'application universelle, et non limité à certains pays ou régions.

Les nations qui ont fabriqué les balles qui ont tué dans leur sommeil les jeunes jumelles Déborah et Aimée ne seront jamais tenues responsables pour leur part dans l'approvionnement des engins de mort qui ont cheminé jusqu'à Gatumba, mais avec un traité juridiquement contraignant, peut-être qu'un jour le seront-ils. Mais, dans l'entre temps, nous allons continuer d'autres années d'impunité, irresponsabilité politique et d'incapacité internationale.

Charles Nasibu
Août 2007

# Posted on Sunday, 19 August 2007 at 7:41 AM

Edited on Monday, 01 October 2007 at 6:39 PM

Un journaliste assassiné à Bukavu

Un journaliste assassiné à Bukavu
Serge Maheshe, journaliste congolais de la radio Okapi, parrainée par l'ONU, a été abattu mercredi soir aux environs de 21 heures locales par des inconnus en plein centre de la ville de Bukavu, dans l'est de la République démocratique du Congo.

Selon Yves Renard, Rédacteur en chef de la Radio Okapi, Serge Maheshe, 31 ans, se trouvait avec deux amis. Ils étaient sur le point de remonter dans une voiture, marquée du sigle des Nations unies, devant le domicile d'une troisième personne à qui ils venaient de rendre visite, lorsque deux individus en civils se sont approchés d'eux et leur ont demandé de s'assoir. Le ton est rapidement monté et il y a eu très vite des tirs. Serge a été tué de plusieurs balles, une sur l'abdomen, une autre à la région inguinale et la dernière à l'avant bras gauche. Ses deux amis n'ont pas été blessés.

Le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU en RDC, L'Ambassadeur William Lacy Swing, a vigoureusement condamné cet assassinat. "Nous sommes déjà en contact avec les autorités congolaises. Nous allons faire de notre mieux pour trouver et arrêter les malfaiteurs", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, la tension est montée à Bukavu, où des opérations
de bouclage menées par la police et l'armée se sont multipliées, après une recrudescence des violences par armes à feu. Fin mai, l'archevêque de la ville a mis en garde contre les "risques d'une nouvelle guerre au Sud-Kivu", quelques jours après le massacre de 18 civils dans le village de Kaniola, non loin de Bukavu.

Serge Maheshe est le troisième journaliste congolais victime de la violence par armes à feu en moins de trois ans en RDC. Le 3 novembre 2005, Franck Kangundu (alias Franck Ngyke), journaliste au quotidien La Référence Plus de Kinshasa, et sa femme Hélène Paka ont été abattus par des hommes armés cagoulés devant leur domicile de Kinshasa. Leurs meurtriers présumés ont été arrêtés et, en avril 2007, deux d'entre eux ont été condamnés à mort, un troisième à la prison à vie et un quatrième à cinq ans d'emprisonnement. Le procès des quatre meurtriers présumés de Louis Bapuwa Mwamba, journaliste indépendant abattu à son domicile de Kinshasa le 8 juillet 2006, a débuté le 1er juin dans la capitale congolaise.

Charles Nasibu
Norway
14 juin 2007

# Posted on Thursday, 14 June 2007 at 10:58 AM